Spécialiste du portrait, engagée dans un travail d'auteur mais aussi photojournaliste, Sarah Witt compose des images lumineuses, sensibles et profondément humaines. Formée à l'argentique, elle fait de la lumière son premier langage et capture avec justesse les lieux et les visages qui racontent tous une histoire. Retrouvez le travail de Sarah Witt sur son site internet ou sur son compte Instagram.

Peux-tu te présenter ? 

Je m'appelle Sarah, j’ai 33 ans et je vis à Biarritz avec mon compagnon, Matthieu, et notre bébé, Nikita. Je suis photographe au Pays basque et je dirais que je porte trois casquettes. Je développe d'abord un travail d'auteur, à travers des séries personnelles au long cours. Je réalise aussi des commandes pour des marques et des institutions. Enfin, je suis photojournaliste et collabore régulièrement avec des médias comme Le Monde, Libération ou Géo.

Quand as-tu commencé ton travail photographique ?

Lors de l'été 2016 (dix ans tiens !) que j’ai passé en tant qu’hôtesse de l’air… J’ai commencé à photographier les pays traversés et les visages croisés, initiant un rapport au territoire à la fois curieux et sensible. Depuis, le voyage occupe également une place centrale dans ma démarche.

Quels sont tes principaux sujets de photographie ?

C’est très évolutif au fil des années. Je me suis lancée professionnellement à travers des commandes autour de l’univers du sport et de la mode (campagnes pour des marques de surf, Jeux Olympiques de Paris 2024, etc.) Mais en ce moment, je suis très centrée sur le reportage presse et le portrait (de personnalités pour Libération ou plus récemment d’acteurs pour le festival du film Nouvelles Vagues). Et je crois que c’est ce qui me passionne tout particulièrement : ne jamais savoir sur quelle personnalité je vais tomber ni quel sera le sujet ni le lieu du prochain reportage. 

Quelle est l'importance de la couleur et de la lumière ?

La lumière est centrale car je travaille principalement en lumière naturelle, sans flash. Formée à l’argentique, aux tirages et à la chambre noire, j’accorde une attention particulière à la matérialité de l’image et à la précision du détail. J’ai commencé la photo par l’argentique et j’ai bien mis six ans avant d’investir dans mon premier appareil numérique. Donc la lumière, c’est la base de tout. Depuis que je tire mes photos au laboratoire, la couleur vient également jouer un rôle très important.

Quels types d'espaces et de moments te touchent le plus ?

Peu importe le lieu et le moment, tant qu’il y a la lumière !

Tu travailles à la fois pour la presse (M Le Monde, Libération), ou pour de grands événements comme le festival Nouvelles Vagues, mais aussi sur des sujets documentaires plus personnels et engagés. Quelle serait la meilleure façon de décrire ton travail ?

C’est drôle car j’ai récemment fait l’exercice d’imprimer mes 100 meilleures photos et le résultat donne un immense patchwork d’images sur des sujets très différents (reportages presse, portraits d’acteurs, séries perso) mais qui constitue étonnamment une unité que je trouve plutôt harmonieuse. En tous cas, dans ma pratique, chaque casquette vient nourrir les autres. Je ne pourrais pas m’enfermer dans un seul domaine, j’ai besoin de me sentir libre : être un jour la reporter, un jour la portraitiste et le lendemain l’auteur-photographe.

Que veux-tu exprimer à travers tes photos ?

J’aime que mes photos aient une valeur d’utilité, qu’elles soient porteuses de sens et qu’elles transmettent un message grâce à leur force et leur beauté. C’est notamment ce qui a guidé le travail réalisé avec ma mère autour de sa maladie de peau : porter un message d’espoir face à la maladie, tout en sensibilisant aux dangers du soleil. Aujourd’hui, je veux m’engager davantage à travers mes photos. L'actualité me rappelle chaque jour combien il est nécessaire de prendre position. Je veux que mes images incarnent davantage cet engagement, qu'elles défendent des valeurs fortes (environnementales, sociales et politiques) et qu'elles témoignent de l’état du monde autant qu'elles participent à le questionner.

Quels sont tes projets futurs ? 

Un projet de livre avec le Collectif Phosphore que j’ai cofondé en 2023 avec mon conjoint architecte. Ce collectif entreprend une recherche artistique autour de l’insularité en Méditerranée où se rencontrent photographie, cartographie, dessin et collage. Nous travaillons plus particulièrement depuis 2 ans sur la question de l’approvisionnement en eau douce dans les îles éoliennes. 

Découvrez le travail de Sarah Witt sur son site internet ou sur son compte Instagram.