Formée au design d’objets, Charlotte Grébert aime créer des univers visuels sensibles où formes, matières et lumière se conjuguent avec subtilité. Si l’espace demeure son premier terrain d’exploration, son regard se déplace peu à peu vers celles et ceux qui les habitent : un visage, un geste du quotidien, un outil posé là. De voyage en rencontre, elle capture des instants suspendus, parfois silencieux, toujours guidée par le désir de révéler leur beauté discrète. Découvrez son travail sur son compte Instagram.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Charlotte, j’ai 31 ans et je suis originaire de Nice. Après mes études en design d’objets, je suis partie vivre au Maroc pour travailler au sein du studio de design LRNCE, c’était une expérience incroyable. Complètement dépaysée, j’ai rencontré plein de personnes et me suis imprégnée des savoirs-faire locaux. Ensuite, j’ai atterri à Paris où je vis et travaille depuis quelques années comme set designer, un métier que j’adore car il allie objet et image, mais aussi comme photographe.

Quand as-tu commencé ton travail photographique ?

Il a commencé timidement à l’adolescence, puis est devenu plus important pendant mes études aux beaux-arts, et a fini par occuper une place centrale dans ma vie lorsque j’ai obtenu mon diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP). 

Quels sont tes principaux sujets de photographie ?

Lorsque je suis dans un lieu, j’aime transmettre à travers la photographie les éléments qui me touchent. Il est souvent question d’assemblages et de compositions d’objets. Récemment, je me suis également mise au portrait et c'est un exercice que j'aime beaucoup ! Aussi, j’adore suivre des personnes dans leur quotidien de travail, comprendre leurs gestes et les immortaliser. Par exemple, j’ai pu accompagner Masami Lavault, la porteuse du projet des fermes florales Plein Air et Les Fleurs de Sonchamp.

Quelle est l'importance de la couleur et de la lumière ?

Ma région natale m'a rendu très tôt sensible à la lumière et au bleu azur, caractéristiques de la Provence. Le Maroc, en particulier la ville de Marrakech, a par la suite renforcé ma sensibilité à la couleur et à la lumière. J’essaie de retranscrire l’atmosphère d’un endroit dans mes photographies. 

Quels types d'espaces et de moments te touchent le plus ?

J’adore l’idée que la photographie puisse être un espace de spontanéité.

Quelles sont tes inspirations ?

La découverte quelle qu’elle soit ! Celle d’un nouveau pays, d’un nouveau lieu, d’un savoir-faire ou d’une personne. La photographie de voyage me permet de poser un regard nouveau sur les lieux, et de tout capturer afin de garder un souvenir pour toujours. 

Depuis trois ans, je travaille avec Les Ateliers du Magnolia, une résidence de design en Haute-Saône qui invite, chaque été, des designers émergents à découvrir la région, à rencontrer un artisan et à imaginer ensemble une collection d’objets. C'est un moment privilégié où la création contemporaine se mêle à l'héritage traditionnel du territoire.

Là-bas, je me plais à photographier des visages, des gestes ou des outils, alors que dans mes projets personnels, mes principaux sujets sont plutôt des espaces habités sans présence visible.

Tu travailles à la fois en argentique et en numérique, pour des clients aux univers variés comme pour des projets personnels qui font voyager, quelle est la meilleure façon de décrire ton travail ?

J’ai une approche assez contemplative de la photographie. Je porte un regard attentif sur les scènes simples et spontannées de la vie quotidienne. Je me laisse guider par les composititions naturelles et les gens en face de moi. 

Dans mon métier, j’accorde une grande importance à la disposition des objets. Mais avec la photographie, les choses ne sont pas toujours disposées de manière esthétique. Ces scènes me rendent pourtant tout autant sensible. Pour le travail, je me suis équipée d’un appareil photo numérique, mais je me sens plus à l’aise à l’argentique. Selon les projets et les demandes, je m’adapte !

Quel est ton meilleur souvenir de photographie de voyage ?

Les Dolomites, sans hésiter. J’y suis allée sans aucune attente photographique, mais j’ai découvert des paysages magnifiques et des montagnes presque intimidantes. Finalement, c’est l’une de mes séries préférées.

Que veux-tu exprimer à travers tes photos ?

J’aime l’idée de pouvoir partager un instant qui m’a émue en raison de sa beauté, bien que la beauté est subjective. J’espère que le moment que je perçois à travers mon œil puisse toucher d’autres personnes. 

Quels sont tes projets futurs ?

Voyager ! Je veux continuer à découvrir des lieux et des paysages époustouflants, et à collaborer avec des personnes à l’initiative de projets porteurs de sens. Mon prochain voyage est aux îlés Féroé car je suis de plus en plus attirée par les paysages nordiques et verts. Mais je n’ai ni d'itinéraire ni de sujet photographique prévus ! 

En décembre prochain, j’organise également une exposition avec mon amie illustratrice Marie Verlez Doz lors de laquelle nous allons faire dialoguer nos deux pratiques artistiques. Le lieu et la date précis seront communiqués prochainement :)

Découvrez le travail et l'univers de Charlotte Grébert sur son compte Instagram.