
COUP DE COEUR À SOULAC-SUR-MER
C’est l’histoire d’un coup de cœur. Boom. Touchée en plein cœur par une annonce intitulée : maison californienne à louer à Soulac-sur-Mer. Architecture des années 70, mobilier signé, petit salon enterré et sol d’origine, l’amoureuse de décoration et de jolis intérieurs en moi s’affole. Après quelques échanges avec le propriétaire, le rendez-vous est pris pour un week-end d’hiver. Soulac en février, c’est une vie au ralenti, des provisions et des cafés matinaux chez Merlo, du poisson de ligne et des crustacés achetés au marché couvert et des balades sur le front de mer balayé par le sable des récentes tempêtes. Avant même d’y mettre les pieds, je savais que je serai conquise par cette escapade en terre médocaine. Si vous aussi, vous voulez découvrir Soulac et ses environs, vous pouvez vous procurer un exemplaire de notre guide Bassin d’Arcachon & Médoc et découvrir cette interview passionnante de son actuel propriétaire qui raconte l’histoire de cette maison, son acquisition et sa rénovation.
Photos : © Agnes Clotis

PAPIER : Pouvez-vous nous raconter l’histoire de cette maison ? Comment et quand en avez-vous fait l’acquisition ?
Gabriel (propriétaire) : Fin 2020, Rachel (sa femme, ndlr) était enceinte de notre troisième enfant. Nous avons alors décidé de trouver un endroit où nous pourrions nous retrouver en famille, créer des souvenirs et partager de beaux moments en dehors de notre quotidien déjà bien rempli. Nous avons longtemps cherché entre les Landes et la Charente. Un jour, en discutant avec un ami, Soulac-sur-Mer est revenue dans la conversation. Nous y étions allés enfants, mais nous n’y étions jamais retournés depuis. Nous avons commencé à regarder les maisons et avons fait une première visite au mois de janvier, par un temps épouvantable, pluie et vent. C’était la première fois que Rachel venait à Soulac. Sur la route du retour, elle m’a dit : « Jamais ! ». Il faut imaginer la station balnéaire en plein hiver : très peu de monde, un temps horrible, et nous sommes sorti de la visite trop tard pour trouver quelque chose à grignoter. De mon côté, j’étais pourtant déjà très sensible à l’atmosphère de cette ville, à son architecture et à son âme. Après deux autres visites, je suis tombé sur cette bâtisse : une maison de famille des années 70 dans un état assez délabré, mais avec une architecture qui m’a immédiatement touchée. Nous avons fait une offre de suite, qui a été acceptée.
La maison date des années 1970 (1974) et a été conçue par l’architecte JL Darras. Nous avons d’ailleurs encore les plans d’origine. Son architecture était très moderniste pour l’époque : un sol en cailloux lavés qui rappelle certaines maisons californiennes, une cheminée semi-enterrée, des escaliers pas japonais, et une vraie réflexion sur les volumes.
PAPIER : Avez-vous des photos d’archives de la maison ? Qu’avez-vous gardé de la maison d’origine ?
Gabriel : Nous avons la chance d’avoir conservé les plans de l’époque, qui témoignent vraiment de la vision de l’architecte. Plusieurs éléments d’origine ont été préservés, notamment l’esprit des volumes et certaines signatures architecturales telles que les jardinières intérieures et extérieures, le sol en cailloux lavés, les escaliers à pas japonais, et la cheminée dans un petit salon enterré. L’idée n’était pas de transformer radicalement la maison mais plutôt de respecter son caractère moderniste tout en la rendant plus adaptée à la vie de famille.

PAPIER : Comment s’est déroulée la rénovation de la maison ?
Gabriel : La première année, nous avons volontairement vécu dans la maison « dans son jus ». Nous voulions apprendre à la connaître et prendre le temps de comprendre ce que nous voulions réellement modifier. Ensuite, avec l’aide du cabinet B2P Architectes, nous avons entrepris une rénovation assez importante. L’objectif était de redonner vie à la maison en travaillant sur la lumière et les circulations : créer des ouvertures plus généreuses, apporter une luminosité traversante et imaginer une pièce de vie plus conviviale et confortable. L’un des fils conducteurs du projet était aussi de renforcer l’effet de vie dedans-dehors, très adapté à Soulac et à la proximité de l’océan. Après presque 18 mois de travaux, nous avons enfin pu passer nos premières vacances en famille dans la maison rénovée. On ne voulait plus en partir !
PAPIER : Pourquoi avoir voulu une maison à Soulac ?
Gabriel : Nous aimons énormément l’atmosphère de Soulac. C’est une station balnéaire qui a su garder une vraie authenticité, avec ses villas anciennes classées, la forêt domaniale toute proche et ses grandes plages. Ce que nous apprécions surtout, c’est ce rythme très doux, presque hors du temps, qui permet vraiment de se retrouver en famille et de profiter de la nature. C’est aussi une destination qui reste relativement proche de chez nous — environ deux heures porte à porte — mais nous avons toujours l’impression de partir en voyage, notamment parce que nous traversons la Gironde avec le bac de Blaye.

PAPIER : Quelles sont vos adresses ou activités préférées dans le coin ?
Gabriel : À Soulac, nous aimons surtout poser la voiture et ne plus nous déplacer qu’à pied ou à vélo. La plage est à deux pas et la forêt domaniale aussi. Le week-end commence souvent par un café chez Charlène et Léo au Café Merlo, après un passage incontournable au marché de Soulac. Nous ne résistons jamais non plus aux pains au levain et aux gourmandises de Chanelle de Montréal sur Mer. Le soir, nous aimons beaucoup partager des assiettes entre amis chez Ola Cantina avec Mélissa, puis finir par une glace chez Judici et parfois un dernier verre-concert au Cabana 8. Les soirs d’été, rien ne vaut un coucher de soleil sur l’océan avec un verre au Baine Café. Nous aimons aussi beaucoup les cabanes à huîtres au Verdon ou à Talais, et les brunchs de la guinguette du Chai Paupiette dans la forêt domaniale près de la Maison de Grave. Enfin, on aime aussi les frères Nicolls, un peu à l'extérieur de Soulac, avec une très bonne ambiance, Le medulien dans le centre à côté du marché de Soulac pour sa cuisine à la flamme.
PAPIER : Qu’aimez-vous faire à Soulac ?
Gabriel : Ce que nous aimons avant tout, c’est simplement profiter du lieu et prendre le temps. Les paysages sont magnifiques. Nous faisons beaucoup de vélo — la piste de la Vélodyssée passe d’ailleurs juste devant la maison. Jeanne s’entraîne au surf, les petits adorent se baigner dans les piscines naturelles des Arros, Rachel court souvent sur le sentier du GR8, et nous faisons régulièrement de la pêche à pied avec les enfants. Et se retrouver et partager des moments avec des amis. Ce sont des moments très simples, mais ce sont ceux qui créent les plus beaux souvenirs de famille.
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