
• LE PORTFOLIO DE GAËLLE DUBOIS •
Professionnelle de l’image, Gaëlle Dubois porte depuis toujours un regard attentif aux éléments hors champ qui semblent échapper au temps : un détail ordinaire du quotidien, une silhouette en retrait, une lumière ténue. Au fil de ses voyages, son œil exigeant saisit des instants libres et pluriels, sans esthétique imposée ni style prédéfini. Découvrez son travail sur son compte Instagram.
Article rédigé par Léanne Deleury.
Peux-tu te présenter ?
Je suis Gaëlle, artiste visuelle. Je vis à Nantes depuis 2022, mais j’ai longtemps vécu à Paris où j’ai d’abord travaillé en tant que réalisatrice et cadreuse, puis j’ai fini par me consacrer à la photographie.
Quand as-tu commencé ton travail photographique ?
Je fais de la photo depuis très jeune et je n’ai jamais arrêté ! Je pratiquais essentiellement l’argentique pendant mes années de Fac. Lors de mes dernières réalisations vidéo, je devais suivre des groupes de musique pendant la journée avant leur concert. Finalement, je me suis rendue compte que je préférais les prendre en photo. J’ai donc lancé ma carrière de photographe professionnelle en 2019.
Quels sont tes principaux sujets de photographie ?
Mes sujets sont variés car je m’émerveille devant beaucoup de choses. Je suis attirée par l’architecture, l'environnement, l’histoire des gens et les moments simples de la vie. Mes photos transmettent mon regard, ma sensibilté et ma vision du monde.

Quelle est l'importance de la couleur et de la lumière ?
Dans mon travail, la composition, la lumière et la couleur sont essentielles et indissociables. Je travaille aussi bien en argentique qu’en numérique, mais lorsque je suis avec mon appareil numérique, je considère qu’il y a une pellicule dans mon boîtier. J’évite donc de déclencher à tout va : si je suis satisfaite de la composition et des couleurs, mais pas de la lumière, alors j’attends, car je suis frustrée.
Quels types d'espaces et de moments te touchent le plus ?
J’aime les espaces qui attirent le monde, comme les fêtes foraines, le carnaval de la Nouvelle-Orléans, l’architecture brutaliste, etc. Dans ce type d'espace, j’aime photographier ce qui est moins visible. Des lumières douces, des lignes moins évidentes, des personnes isolées, des éléments qui se détachent de la scène. J’aime les moments hors du temps et hors du cadre.

Quelles sont tes inspirations ?
Je m’inspire de la musique que j’écoute, du cinéma, de l’architecture, de la céramique, entre autres. Mais il n’y a pas que l’art, je suis tout autant sensible à un panneau de signalisation, à un visage, à un geste ou à une plante.
Tu collabores avec des magazines d’art de vivre et d’architecture (Dim Dam Dom, Ideat, Sloft magazine) en puisant ton inspiration dans les lignes et l’ésthétique de la photographie de rue, quelle est la meilleure façon de décrire ton travail ?
J’observe, j’écoute et je suis mon instinct. Mon travail photographique consiste à capturer l’émotion brute et l’esthétique du quotidien. Photographie de rue, portrait, architecture, nature morte… je n’ai pas de domaine de prédilection, j’aime m'essayer à tout !
Quel est ton meilleur souvenir de photographie de voyage ?
J’ai adoré mes voyages en Afrique du Sud, au Japon et aux îles Canaries. Les gens et l’histoire de ces trois territoires m’ont marqués. J’ai été émerveillée par la nature et la lumière singulière qui frappe les bâtiments et les paysages. S’il ne faut choisir qu’un seul souvenir, je choisirai celui du carnaval de la Nouvelle-Orléans. En plus d’être une grande fan de musique, l’histoire de cette ville et notamment du quartier de Tremé m’ont particulièrement touchée. Ce voyage a dépassé mes attentes ! J’ai osé réaliser des portraits d’habitants dans la rue, ce qui n’est pas dans mes habitudes. J’ai eu envie de parler d’eux.

Que veux-tu exprimer à travers tes photos ?
Je cherche à transmettre mon regard sur le monde. Je veux révéler l’extraordinaire dans l’ordinaire : un coin de rue aux lignes radicales qui n’attire personne, un rayon de soleil discret dans une ruelle… Je souhaite aussi révéler l’ordinaire dans l’extraordinaire : un enfant dans un coin pendant un carnaval, un artisan à l’œuvre pendant un festival…

Quels sont tes projets futurs ?
J’ai mis du temps à développer ma série sur la Nouvelle-Orléans et j’espère pouvoir l’exposer. À côté, je continue de créer autant que possible et à raconter de nouvelles histoires. J’aimerais faire plus de portraits et aborder notamment la question de la santé mentale.
Retrouvez le travail de Gaëlle Dubois sur son compte Instagram.


